Terraforma 2017 : expérience méditative à la villa Arconati

Terraforma, festival italien qui a eu lieu du Vendredi 23 Juin 2017 au Dimanche 25 Juin 2017 au cœur de la Villa Arconati. En pleine forêt, ce festival a mélangé plusieurs genres: arts visuels, musique expérimentale, méditation, healthy food et nature. Zoom sur cette troisième édition.

Le principe de ce festival est d’éteindre tous jugements, rendre limpide les esprits et se concentrer sur des créations uniques. Par un décor épuré (triangles de lumière fabriqués en bois) et par une installation simple (deux scènes en pleine nature), le visiteur se fait une autre définition du mot «festival». Ce festival avant-gardiste a invité Stine Janvin et le duo N.M.O. composé de Ruben Patino et de Morten J.Olsen, qui s’est occupé des installations visuelles. Le public assis est resté scotché à l’écran disposé dans la forêt. Plus aucune pensée ne pouvait survenir, l’univers exauçait nos prières. Vœux demandés, commandes exécutées, Arpanet est apparût peu avant Aurora Halal. Nous étions témoins d’un bel enchaînement techno clôturé par Objekt. En d’autres termes: l’éveil résonnait à la porte de nos méditations.

 

L’Italie met à l’honneur ses musiciens compatriotes : Donato Dozzy, le jeune Rawmance qui ont assuré la scène principale en fin de matinée et début d’après-midi. (Vous pouvez retrouvez le live de Donato Dozzy sur la radio NTS) Les sets étaient davantage expérimentales retombant dans la méditation avec l’arrivée de Laaraji. Une petite pause dans les immenses jardins de la villa Arconati en attendant une des conférences organisées par Berlin Community Radio. Rabih Beaini ( aka Morphosis) Rully Shabara et Wulir Suryad ( aka le duo indonésiens Senyawa) ont mis en avant l’utilisation des instruments traditionnels au sein de leur collaboration. Suzanne Cianti, reine du modulaire a fait un live exceptionnel. Vous pouvez retrouver une interview par ici.

Petit jus naturel au bar 100 % jus pour commencer le dimanche ( ou terminer la nuit du samedi) . Andrew Weatherall, Tropic Disco Sound System, et Paquita Gordon b2b Eve Duzgit ont achevé cette dernière journée. Nous retenons l’allure douce, naturelle, et créative grâce à la villa Arconati et aux sets uniques. Les artistes ont su se fondre dans l’atmosphère du festival et respecter le thème de l’expérimental à la lettre.
La villa Arconati a su s’inspirer de Milan, ville voisine. La capitale de la mode cache un parfum artistique underground tels que les artistes SSIEGE , Mystic Jungle Tribe, les labels UN.T.O. ( basse fréquence ) ou MARGUERITE RECORDS, le centre Macao ou encore le disquaire Serendeepity .

Autophoto, exposition du 20 Avril au 24 Septembre 2017

Autophoto est une exposition programmée à la Fondation Cartier proposée par Xavier Barral et Philippe Séclier. Cette exposition retrace l’évolution de l’automobile en passant par la photographie. Le spectrum dévoile l’histoire de la voiture et l’histoire dans la voiture elle-même. Soudain, un simple utilitaire du quotidien devient témoin du temps s’estompant, symbole de classe sociale, objet de désir ou objet de collection. Zoom sur les débuts de l’infernale mécanique.

 

L’exposition débute par la mise en avant de la photographie. Plusieurs prises de vue ont été réalisées dans une voiture. L’objet d’étude se tourne vers le temps devenu saisissable par le biais de l’appareil photo. Le passé, le présent, le futur sont invoqués. En effet, grâce au regard du photographe, le passé se reflète au sein d’un rétroviseur, le futur à travers le pare-brise et le présent par le photographe lui-même. Le temps mais aussi l’espace spacio-temporel s’entremêlent. Un rétro projecteur nous dévoile des clichés effectués tous les 5 000 km dans une voiture. Plusieurs photographes se sont réunis autour de ce projet qui défend l’agrandissement de la zone européenne à ses prémices. En capturant des pays non-européens, la photographie montre que les pays en question ont des paysages égaux à ceux qui se trouvent dans la zone européenne. Alors, la photographie serait une pause dans le temps ou outil démocratique?

Pas le temps de faire une pause, l’exposition continue et présente des photographies de ponts situés en Chine. La pollution, qui est due à la sur-population d’automobiles, est mise en avant dans ces clichés. L’auto devient source de problème et la mécanique ennemie de l’homme. La lutte débute : les cadenas sautent, l’auto se déverrouille, avant de se retourner toute entière. En parallèle, le sujet de l’industrialisation, de l’usine et de la production sont mis sur la route du visiteur. Au début du XX ème siècle, l’industrialisation, notamment à Détroit par la marque Ford, a permis la création de nouveaux postes pour une population laissée à l’abandon. C’est généralement la population noire qui produit et la population blanche qui achète. Le rêve… le rêve survient dans l’esprit de la population moins aisée. Le rêve de posséder à leur tour un trousseau de clef et de prendre la pose devant leur belle carcasse. Des micros photographies ont été exposées: des familles devant leurs objets de convoitise qui ne sont autres que leurs voitures. Ou encore, des mariés cubains dans des voitures américaines. Alors, la voiture devient emblème de classe sociale, un objet de prestige et de désir.

L’image extérieure de la voiture peut être considérée comme prestige sociale mais que se passe t-il sous son capot ?  La prostitution, lieu de passage, lieu d’interdit, lieu secret est liée à ses entrailles. La photographie se transforme elle aussi. Elle n’est plus outil démocratique ou outil de l’histoire mais devient outil de recherche pour la police. En effet, sur le côté gauche du mur, des photos officielles d’enlèvements ou de reconstitution de scènes de crime sont exposées. Et de l’autre côté du mur se dresse une nouvelle forme de photographie: la photo volée. Les personnages présents à l’intérieur des voitures se cachent, des détails sont divulgués et des femmes trop maquillées sont exposées.


Le rôle de la femme tient sa place tout au long de cette exposition. L’émancipation sonne et les pin-up conduisent seules. La photographie devient art, une explosion de couleurs fashy, girly qui souligne le maquillage too much des modèles. En dessous de ces photos se trouvent des citations. Ces femmes témoignent du jugement que la société émet. La femme pin-up au volant est rejetée par une société où la domination masculine et la voiture sont aimantés. Pendant cette exposition, l‘homme se retrouve à côté de sa voiture et à côté de son épouse. Deux objets de désir mettant en avant la domination masculine. Comprenons que le jugement pouvait apparaître ainsi car l’émancipation de la femme n’était pas encore établie et que l’automobile était davantage une pression masculine. A la fin de l’exposition, le rôle de la femme évolue et s’impose dans la société non plus à côté du mari mais à côté de l’objet qui est aujourd’hui un objet miroir : sa voiture.

Il faudra attendre les salons automobiles afin de voir des modèles féminins présentant des voitures prestigieuses sans l’homme à ses côtés. Notons une transformation de l’image féminine. De nos jours, la femme exposée n’est plus mère de famille mais une bimbo/pin-up posant à côté d’une voiture luxueuse. Elle n’est pas dans la voiture mais à l’extérieur, comme exclue de la sphère masculine. De l’image maritale à l’image sexuelle, la femme est empruntée afin de permettre aux hommes d’acquérir leurs nouveaux bijoux. Alors, dans le monde de l’automobile, son statut se résume t-il à celui d’une voiture: être un objet ? 

Zoom sur la nouvelle vague avec Jean-Luc Godard

Pour ce mois de Juin, retour aux classiques. Jean-Luc Godard a commencé sa carrière par des critiques cinématographiques publiées dans la gazette du cinéma, les cahiers du cinéma et art. En parallèle, il cultive son amour pour le cinéma en s’essayant à des courts-métrages. En 1960, l’ancien journaliste tourne définitivement la page par la réalisation de son premier long-métrage intitulé: A bout de souffle. Ce film définira le courant de la Nouvelle Vague ( appellation créée par Françoise Giroud, évoquée pour la première fois dans L’Express)  et le classera dans la case « réalisateur ». Souvent, le cinéma est miroir de la société; c’est le cas de ses films qui reflètent des sujets sur la braise. A l’exemple de l’émancipation de la femme, les révoltes étudiantes, les trente glorieuses ou encore la guerre d’Algérie. Fidèle à leurs images, on dirait bien que M. Godard n’aime pas être classé dans une seule catégorie puisqu’il jongle entre la réalisation, l’écriture de scénarios, la production et parfois avec le jeu d’acteur. Retrouvez ses grandes aventures au sein de cette sélection.