Mangez-moi de Léa Sobierajski

Tout droit sortie du purchase college, Léa Sobierajski continue sa lignée en graphisme en le combinant à la photographie. La particularité de cette américaine est qu’elle se diffère de ses semblables par ses productions, mais surtout par ses talents de leader. Sous sa casquette de directrice artistique, l’artiste met en place, bouge et imagine des photographies avec des petits fruits. Rien d’extraordinaire, pensons-nous. Pourtant, c’est à travers cette simplicité que Léa charme son public. D’ailleurs, elle a été reconnue par le Print magazine comme New Visual Artist Review.

Le couple peut occuper une place importante et Léa le met en scène de façon très original.

Nouveau monde par Patrycja Podkościelny

Rien ne peut stopper l’imagination de Patrycja Podkościelny. Cette jeune polonaise mêle technologies actuelles à l’illustration. La typographie traditionnelle s’en voit transformée. En effet, de nouvelles icônes sortent du divin, plus précisément de l’imaginaire de l’illustratrice. On dirait bien que Patrycja n’a plus de limites, l’espace infini étant son leitmotiv.

Est-ce simplement l’atmosphère polonaise ou une force transcendantale qui vient dicter les messages de Patrycja ? Nous ne pouvons connaître la réponse, mais cela n’empêche pas sa grande montée dans le monde du graphisme, puisque Adobe Creative Cloud nomme cette jeune artiste dans la catégorie the new creatives.

 

 

Une petite faim ? Valentina Vos nourrit vos pupilles

La photographe Valentina Vos utilise les objets du quotidien pour créer la photo de mode. En effet, les magazines de mode tels que  Glamour, Link Magazine, JFK magazine, Sleek magazine font appel à l’artiste pour inventer un nouveau style de « fashion photography ». Ranger ses baguettes de pain dans ses chaussures ou boire son lait Coco Chanel, la photographe invente la nouvelle norme.


Le mythe français: Julien Mauve

Julien Mauve est un photographe parisien dont la particularité est de créer des scènes cinématographiques complexes. Au cours de ses séries photographiques, il traite aussi bien de la solitude de L’Homme, que de son interaction avec son environnement. Nous avons choisi de présenter ces photos nocturnes où la nuit est quelques fois parsemée d’étoiles.

Les blocs colorés de Karolis Strautniekas

Karolis Strautniekas est un illustrateur originaire de Vilinius en Lituanie. Après avoir terminé ses études à la Fine Arts Academy, le jeune homme est rapidement devenu freelance pour plusieurs marques telles que Mini Cooper, Adobe, Siemens, EDF Energy,  Taffel ect ect. Après avoir travaillé dans la publicité et l’animation il se concentre désormais sur l’illustration, son art de prédilection, pour s’exprimer pleinement et pouvoir très rapidement traduire ses idées en dessin. Impressionnantes et très détaillées ses illustrations comportent toujours une touche d’humour. Ses créations personnelles foisonnent et viennent combler la frustration de ses travaux professionnels pour lesquels, souvent, la créativité est bridée par le client et ses directives commerciales.



 

Les poupées russes de Sydney Sie

La taïwanaise Sydney Sie met en avant une palette de couleur très féminine. Sous des tons pastels, des poupées russes nous apparaissent. Carrés emboîtés les uns dans les autres, ou simplement deux poupées côte à côte, Sydney tord ses modèles, les met sans dessus-dessous. Sydney fait de la couleur l’élément premier de ses photographies. Elle couvre ses poupées d’un voile mystérieux. Mais que peuvent bien cacher ces petites poupées?

L’artiste poursuit son petit jeu, mais cette fois-ci en découpant les détails de ses modèles.

Parfois, les poupées disent non et l’artiste ne manque pas d’imagination. Elle touche à tout et revient vers des créatures ou paysages oubliés. Faites vos adieux à vos poupées fétiches…


Pour finir, le graphisme, son premier objet d’étude refait surface, et ce tout en couleur.

Un jour en rave: Zoom sur l’exposition d’Olivier Degorce

Olivier Degorce nous a accordé une interview. Il expose actuellement à la Galerie Intervalle, dans le 20e arrondissement de Paris: They came, they party’d, they left regroupe une série de photos prises en rave et évoque une série de portraits de nos DJs actuels.


(Rave à l’aqualand de Gyf-sur-Yvette, 1992)

Bonjour Olivier. Peux-tu te présenter en quelques mots?  
Olivier, artiste plasticien. Ma profession est auteur et photographe. Je navigue librement, j’utilise principalement la photo mais aussi la vidéo. J’ai fait quelques vidéos dans les années 90 pour détroit label techno et technolika.

D’où vient le nom de ton expo? Est-ce une touche nostalgique des années 85-90?
Le nom de mon expo vient de Gary Martin. C’est lui qui m’a donné le nom de cette expo, ce n’est pas du tout nostalgique. Je ne regrette pas cette époque. L’underground résistance était un nouveau mouvement, qui sortait du nul part, une vague un peu barrée. C’était un beau rassemblement pour faire la fête et partager avec tout le monde.

Quels étaient tes ressentis au début des première raves?
J’ai commencé à écouter de l’acid house en 87-88. Au début, il n’y avait pas d’appareils dans les soirées. La musique nous réunissait. J’ai commencé à avoir un petit appareil pocket vers 91-92 et j’allais dans les raves cachées. Je voulais sauvegarder ce moment unique. Je n’étais pas du tout reporter photo et je n’y allais pas du tout pour couvrir les évènements. Je voulais juste m’amuser et capturer des instants de soirées. Il y en a qui collectionne des assiettes en porcelaine, moi c’était les photos. On était tous dans une pièce noire, et on venait tous pour faire la fête, pour l’amour du son. Je dois avouer qu’à la base je suis plus du courant new wave, rock, et là, dans ces raves, on se demandait qu’est ce qu’était ce son. On était tous égaux, il n’y avait pas de jugement, tout le monde venait comment il était, peut importe l’habit, la classe ou autre. Tout le monde acceptait la grosse baffe qu’il se prenait.
De plus, Paris était une plaque tournante, le lieu de passage de tous les djs internationaux. Américains, italiens, allemands, français, ils avaient tous un refuge très spécial à cette époque : RADIO FG. Avant les raves, il y avait souvent des évents à la radio.

Décris nous ton procédé photographique
J’avais deux types d’usage. Premièrement, les photos volées prises à l’aide de mon argentique, celles qui étaient prises pendant les raves. Je ne regardais même pas l’objectif ce qui explique les cadrages hasardeux. Dans une rave, je prenais peut-être trois ou quatre photos. Et deuxièmement, les photos cadrées prises avec mon reflex. Je shootais les détails, les poubelles, les piercing, les cicatrices, les cheveux.
Les djs aimaient bien les détails, car il n’y avait pas encore de starification dans ce milieu, tout était caché, voir interdit.

Pourquoi as tu voulu exposer maintenant?
J’ai fait plusieurs projets avant cette expo. J’ai écris un livre, Normal People, où se trouve 200 djs que j’ai photographié. Je les ai photographié dans les raves mais aussi en portraits officiels. Comme je l’ai dit plus haut, Paris était un lieu de passage important pour la musique électronique. Début des années 90, je prenais des photos-portraits de djs à visée d’avantage professionnelle.
L’organisation de l’exposition s’est déroulée par pur hasard. Des rencontres, des discussions et puis une expo.

Que penses-tu de l’évolution de la musique électronique, qui était pour toi novatrice, «sortie du nul part»?
Aller en rave était le moyen d’appartenir à une histoire qui commençait. Le fait que les raves étaient cachées était fun pour nous. Le seul moyen de connaître et d’accéder à la teuf était par le bouche à oreille. Il ne faut pas être nostalgique si aujourd’hui tout est différent. Le principe est le même: faire la fête, s’amuser, sauf que la technologie a avancé. Le son a évolué et même si les jeunes actuels ne sont pas au départ du mouvement, mais qu’ils sont bel et bien ancrés dans ce mouvement, il y aura toujours de la nouveauté. Il y aura toujours un nouveau morceau avec des sonorités différentes. Cela se rapproche des raves finalement, car il n’y avait pas que de la techno.  L’éventail des styles était ouvert. Maintenant, chaque style a su se transposer en musique électronique. A la base cette musique pour les anciennes générations (celles de nos parents) était l’horreur. Les médias descendaient ce nouveau genre partout. Aujourd’hui, pour les nouvelles générations, (celles qui sont sûrement en train de lire cet interview) l’électronique paraît normal car les médias s’en sont emparés. On vit dans un monde technologique de l’immédiateté et du virtuel. Les jeunes ont l’habitude de l’électronique et finalement cette musique correspond à leur époque. C’était avant gardiste dans les années 90. Nous, à l’époque, on voulait briser avec le disco, le rock, tout ce qui pouvait exister. Vous, vous voulez continuer, poursuivre, ne jamais oublier et toujours faire perdurer ce mouvement des années 90. C’est cela que je trouve chouette et qui permet son développement.

Trouves-tu que la commercialisation de la musique électronique en club est la continuité logique des raves en plein air?
Aujourd’hui, les jeunes viennent me voir en disant : « Je regrette l’ancien temps ». Ils sont complètement désemparés. Avec les nouvelles technologies, tout avance plus vite, c’est un atout. Par exemple, à mon époque, je galérais à m’acheter des pellicules, je galérais à trouver les raves. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus accessible via Facebook ou autre. La commercialisation de la musique électronique est la continuité logique des raves, car les médias et l’opinion publique a accepté ce type de courant. D’où l’apparition de l’électronique en club. Et puis, cela va avec l’époque.  Ce qui est sûr est que la musique perdura toujours et encore, sauf qu’elle sera beaucoup plus variée et pointue aujourd’hui. Le matériel évolue et c’est une chance.


(Sex Toy & La Bourette, Paris 1995)


(After à l’hôpital Saint Louis, Paris, 1992)


(DAFT PUNK – Thomas Bangalter, Ibiza, 1996)


(Daft Punk, Manuel de Homem-Christo Ibiza, 1996)


(Miss Kittin, Radio FG, Paris, 1996)


(Carl Cox, dans un hôtel du Bourget, 1994)


(Jeff Mills, Rave à l’Abbaye Royale du Moncel, USA,1993)


( Laurent Garnier, Rave à l’arche de la défense, Paris, 1992)


(Per, Paris, 1994)