BILL VIOLA

Bill Viola – Rendez-vous au grand palais, exposition éphémère jusqu’au 21 Juillet 2014.

Nous nous rencontrons dans le monde de Bill Viola, grand maître de l’art vidéo, voulant sauvegarder l’instant présent. Ennuyeux pour les uns, onctueux pour d’autres, le grand palais tape fort dans sa sélection. Plongés dans le noir, écrans uniques, doublés, faisant échos aux sons agressifs ou/et doux; lointains ou rapprochés, le grand maître du ici et maintenant 2.0, ralentit, accélère, floute, zoome les images colorées, coloriées de noir et de blanc. Forêt tantôt lyrique, tantôt interrogative; flamme, terre, air, eau; sentiments rassurants ou oppressants, l’artiste touche à son but premier: nous permettre d’avoir une présence absolue à la lumière de ses oeuvres.

Les images extérieures peuvent apaiser nos fors intérieurs, renvoyant ainsi à la méditation. Regarder attentivement les mouvements, les formes évasives, les personnages fuyants dans le reflet de l’autre (Surrenders), sans les comprendre, mais, uniquement en les ressentant. Ecouter les sons lointains provenant de la belle forêt enchantée, filmée, délimitée par ses cours d’eau, reflétant des sonorités paisibles (Reflecting pool two). Ou, au contraire, écouter attentivement la concordance du silence et des bruits (Sleep of reason). Inquiétants, murmuraient-ils. Crispations, tremblements, fuyons vers la suite de l’exposition.

La vie oppose la mort. C’est par cette idée, que le génie Viola a fait le choix de contredire un des principes de la méditation ancienne. Les grands maîtres avoueront que seulement la naissance est l’opposition de la mort. Une fin et un début s’opposent, la vie n’en est que le contenu. Le moment présent reflète continuellement le souffle, la vie. Ici, il ne peut avoir d’opposition. Cette gigantesque tentative de saisir la vie à son mouvement, est grandement observable dans « nine attempts to achieve immortality ». Un homme coupe sa respiration fois neuf. Les pensées s’envolent et la mort se rapproche. Nous sommes plongés dans un maelström de vie à l’état pur, dans l’ici et maintenant. Puis, l’homme reprend quelques gorgées d’air et se re-prolonge dans les prémices océaniques du souffle coupé, quasi-mortel. Et ainsi de suite. Sommes-nous véritablement dans l’obligation de retenir cet air si précieux, afin de nous rapprocher du néant et d’être véritablement présent? Nous pouvons. Nous pouvons simplement, avoir une attention et une concentration à la vue des détails, à l’observation des images en mouvement ou aux sons frappants nos tympans. Une unique chose à la fois pour vivre l’oeuvre Bill Viola à son apogée, et, avoir une chance d’appartenir au moment présent.

 

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