Néopop festival : Zoom sur le Portugal

Le Portugal est devenu l’une des destinations préférées des français. Ces petits pastéis de nata, les carrés de azulejos, ou encore la fameuse super bock sont symboles de cette culture longtemps ignorée. Les ruelles de Lisbonne sont devenues aujourd’hui bien trop mainstream, Porto est sans doute un déjà vu dans nos mémoires, quant à Faro, les anglais se sont déjà emparés de cette destination devenue bien trop touristique. Alors, voilà, que reste t-il ? Et bien, des petits villages cachés dans les montagnes aux routes étroites dépourvues de barrières de sécurité. Le Portugal côté ghetto ça se tente… spécialement dans une techno ardente programmée par le festival Néopop du 8 au 11 août prochain !

Pour sa 14ème édition, le Néopop revient au coeur du petit village Viana do Castelo. La programmation va sans surprise secouer les vignes des villages voisins, puisqu’elle sonne essentiellement Techno. Le festival est organisé dans la forteresse de Santiago da Barra et programmera de grosses têtes d’affiche aux performances underground.

Au programme : le duo allemand Adriatique, bien connu pour sa jonction entre House et Techno, entrecoupé de mélodies profondes; Aleksi Perälä, producteur/dj finlandais, qui a sorti des Eps sur les labels Rephlex, Clone, ou encore  трип, ses productions sont toujours aériennes, issues du cosmique; Dj Nobu, directeur du label japonais Bitta, qui nous introduit à son habitude, à des sonorités souterraines, japonisantes et hypnotiques; Dopperleffekt, composé essentiellement de Gerald Donald ( l’une des moitiés du groupe phare Drexciya ), mèneront l’énergie initiale de la culture électronique à travers une techno de Détroit bien musclée.

Virlski, duo composé du français Voiski (retrouvez son interview à l’occasion du Red Bull Music Academy Festival par ici) et Vril seront également de la partie, avec le producteur Conforce, connu également sous l’alias Vernon Felicity, proposera un kick soutenu avec des sonorités légères et flottantes faisant écho à son île d’origine : l’île néerlandaise Terschelling; Dorisburg, moitié du duo Agents of Time, également présent au festival proposera une techno brute issue des pays scandinaves rejoindra Fjaak, un berlinois habitué du label 50weapons.

Les figures féminines sont à l’honneur. Nastia, boss du label Propaganda Records, Tijana T, Paula Temple b2b Rebekah qui proposeront un set bien corsé, Anna Haleta boss des évènements Pakotek, évènements électroniques organisés à Jérusalem ou encore Nina Kraviz que l’on ne présente plus.

Si vous êtes dans le coin, les dernières places sont à prendre par ici.

Berlin Atonal 2018, l’avant-gardisme de l’électronique

Berlin Atonal, festival créé entre 1983 et 1990, et ré-édité en 2013, a dévoilé ses premiers noms. Ce festival allemand est bien connu pour son avant gardisme artistique. En effet, mélangeant arts sonores et arts visuels le festival miroite sa ville dite capitale mondiale de la musique électronique. Organisé dans le quarter de Mitte, dans une ancienne centrale électrique, Kraftwerk, ce festival présentera, comme à son habitude, des performances et installations, premières mondiales et collaborations uniques.


Du 22 août au 26 août 2018, Berlin Atonal invitera près de 100 artistes. A l’heure actuelle, seulement vingt noms ont été dévoilés. Au programme, Actress produira un live audiovisuel témoignant de son approche instrumentale dissymétrique aux formes illusoires. Astrid Sonne fera une première mondiale de son oeuvre nommée Ephémérale en collaboration avec Cæcilie Trier (CTM), Xenia Xamanek et Henriette Motzfeldt (1/2 of Smerz). Plus détails sur cette performance seront dévoilés très rapidement…

Des artistes davantage orientés dancefloor, seront présents tels que Veronica Vasicka, Helena Hauff, Courtesy, Samuel KerridgeBritish Murder Boys ou encore Skee Mask.

D’autres artistes, aux musiques expérimentales, sont programmés à l’image de Gábor Lázár, qui a composé l’album très singulier Unfold, se confirmera sans doute comme étoile montante de la musique électronique contemporaine ou Beatrice Dillon, habitué des labels anglais dont Hessle Audio, The Trilogy Tapes, PAN, Boomkat Editions, Timedance and Where To Now?. Outer Space produira une performance à l’aide de ses synthétiseurs vintages. Ambiance électrique et intense à prévoir…  Afin de maintenir cette atmosphère, le Duo électronique punk Giant Swan ramènera l’énergie rock de la ville Bristol. Le duo group A suivra cette lignée, avec un genre noise abstrait en collaboration avec le producteur vidéo Dead Slow.

Après l’obscurité vient la lumière… La notion de sublime sera amenée par Hiro Kone, qui présentera son album Pure Expenditure. Perdu dans cette centrale électrique berlinoise, les bruits issus des productions d’Iona Fortune maintiendront cette atmosphère extraordinaire. Le temps sera comme interrompu, notamment grâce à LABOUR qui offrira un rythme disruptif, mettant en avant le caractère non-conformisme du festival allemand. Enfin, la nouvelle collaboration de Lowtec et Kassem Mosse, Kolorit ravivera sans doute la centrale électronique de par leur set audiovisuel.

Ce n’est sans une touche de douceur amenée par l’artiste Lucrecia Dalt, aux sonorités poétiques expérimentales que l’esthétique artistique de Berlin Atonal s’ancrera définitivement dans le bitume lugubre et sombre de cette centrale. Pour finir, le rythme mécanique du duo new-yorkais Ora Iso sera propice aux danses industrielles.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page de l’évènement.

 

O.Xander – Bottomless (Geofront Global)

O.Xander (qui nous avait signé un phonocast) lance son nouveau label Geofront Global. Il le définit comme « une énorme cavité artificielle creusée par l’homme dans le but d’étendre son urbanisation, mais il s’agit aussi bien évidemment d’une référence à « Evangelion » un anime dont j’affectionne particulièrement l’univers. » Rei Ayanami ou O.Xander, seul humain à pouvoir piloter un Eva, qui dans la série est un humain de synthèse capable de combattre les monstres mystérieux nommés Anges, compose le premier opus nommé : In a shell. Ce LP est léger, planant, dû à l’utilisation de synthétiseurs et d’un lo-fi qui confirme le style du producteur. En 2016, O.Xander avait sorti le EP O.Xander Xmas Pack free en version digitale, dont le titre « solaire (voyager version) », une belle pièce ambient. Retour sur ses origines avec la première du track « Bottomless » en exclusivité.

Label :  GEOFRONT GLOBAL

Tracklist :

01. OXANDER – Like tears in the rain
02. OXANDER – Silence run 
03. OXANDER – Nimbus
04. DJ REI AYANAMI – Cchronicles 
05. OXANDER& DJ REI AYANAMI– Heliosphere
06. OXANDER & DJ REI AYANAMI – Glides
07. OXANDER – Bottomless
08. OXANDER – You can (not) advance 
09. OXANDER – Fog cut
10 – OXANDER – In a shell 

Date de sortie : 01/06/2018

 

Terraforma 2018 : les derniers noms annoncés

Le festival expérimental Terraforma a pour but de nous ouvrir vers de nouvelles sphères, d’autres mondes. Musique et imaginaire peuvent nous permettre de nous échapper face au temps, ou plutôt de le suspendre… Notre sensibilité artistique se trouve dispersée autour de nous, de l’intérieur à l’extérieur. Ce n’est pas surprenant, puisque le but ultime de ce festival est d’essayer de réduire la distance entre art et vie.

Au cours des derniers mois, la vila Acornati ( lieu central du festival ) a accueilli des artisans et artistes afin de construire son nouveau décor issu de matériaux naturels. Dans la foret, nous serons invité a nous plonger dans des séances de méditation et de yoga qui facilitent le retour de l’Homme vers son état naturel. Par son cadre idyllique et ces workshops, ce festival nous guidera vers un état de conscience et d’éveil. Sentiments d’évasion cosmiques seront introduits par la programmation artistique du Terraforma.

C’est par la présence de Jeff Mills, Lanark Artefax, Powder, Plo Man, Byetone, Konrad Sprenger, Paquita Gordon, Rabih Beaini, Valentino Mora, Vladimir Ivkovic, Batu, Plaid, Felix’s Machines, Mohammad Reza Mortazavi, Nkisi, Imaginary Softwoods, Don’t DJ et Donato Dozzy que le genre expérimental sera amené. Entre techno, ambiant et jungle, le Terraforma offre un espace de liberté et de création à ses artistes.

 

Hier, les derniers artistes ont été dévoilés. Marco Shuttle sera programmé de nouveau, qui nous amènera vers une techno soutenue, Caterina Barbieri qui a sorti l’EP ambient/expérimental «  Patterns Of Consciousness« , sur Important Records, exposera une installation sonore sous le temporary planetarium. Le percussionniste Daniele De Santis sera de la partie ainsi que le duo VIPRA qui ont signé sur le label italien presto!? . Mino Luchena fera également son apparition sous un air de Freakbeat …

Pour plus d’infos rendez-vous sur la page de l’évènement.

VARIOUS ARTIST – SOLID EP (Marguerite Records)

Marguerite Records est un label italien fondé par Lucas et Davide en 2015. Ce label s’essaie à de multiples supports tels que la cassette et le vinyle. La première sortie du label était une cassette mixtape « After Thoughts » signée Filippo Zenna, qui sonnait jazz, funk et blues. Une longue balade sur laquelle se prélasser… jusqu’à écouter MRG002 dont le break du track When I Was Young amène une house planante et rythmée qui dérive vite en acid avec les tracks Banging in the HazeUpside Down. A travers cette troisième sortie vinyle Solid, nous retrouvons une house lente sous une touche d’ambiant. Voici en exclusivité le morceau Fake Smiles signé E-Nantio.


Label :  Marguerite Records

Tracklist :

A1. Grienkho – Region Breakdown
A2. GTS1 – Dugeon Talk
A3. Robbenspierre – Jungle Sadness
B4. Elio – Ampcatnight
B5. E-Nantio – Fake Smile

Date de sortie : 30/05/2018

PHNCST297 – Willie Burns

Willie Burns vit à New-York et a lancé le label W.T. Records en 2007. Il commence à se pencher sur la musique à l’âge de 16 ans, à tout hasard. En effet, il accompagnait sa petite soeur à ses cours de guitare jusqu’à ce qu’elle se casse le bras et qu’il ne s’empare de sa guitare. De cordes en cordes, il passe de la guitare électrique jusqu’à arriver à la TR 808 à la fin des années 90. Durant ces années, William sort à des concerts punk, indie ou reste chez lui à regarder MTV. Peu importe le genre, selon Will la musique est juste ce qu’elle est et ses sets sont bien souvent mélangés : disco, house, techno, nouveaux disques, punk old school, rap, rock… Du moment que la musique est jouée à la maison ou en club, ce qui importe est qu’elle soit entendue ! Ce podcast d’une heure représente exactement sa vision des choses : variées et sans étiquettes ! 

Willie Burns sortira bientôt des nouveautés sur W.T, mais, au lieu de se noyer dans le tourbillon quantitatif, il préfère se concentrer sur la qualité. En attendant, nous pouvons toujours écouter ses anciens EP à l’exemple de Tab Of Acid  (The Trilogy Tapes), Sonny & Ricardo Give Good Advice (Unknown to the Unknown), Run From the Sunset (Crème Organization) ou encore Willie Burns ( L.I.E.S.).

 

PHNCST296 – Steve Murphy

 

Steve Murphy, originaire de Mira (Italie), propose un mix à son image : varié et robotique. Dès les années 2000, Mattia, de son vrai prénom, commence ses mixes aux sonorités minimales et techno pour se révéler en tant que producteur dès 2010. C’est par l’acquisition de ses premiers synthétiseurs qu’il se met à la production… et c’est en 2011 que l’EP Windy City voit le jour, sur le label Chiwax. En sept ans, Steve Murphy nous a offert des bombes danceflooriques issues d’ici et d’ailleurs notamment à travers les EPS Relax sur le label Lobster Theremin, Climax (Hot Haus Records), Purification ( Wilson Records) et bien d’autres !

Depuis 20 ans, Steve Murphy voyage entre des sonorités electro, house, techno, acides, new wave, ce qui l’a conduit à plusieurs collaborations dont le projet Sound Of Brenta en collaboration avec le label MUSCLE. Avec son acolyte de toujours, Dj Octopus, ils fondent en 2017 le label Metal records Position concentré sur une bassline centrale et des kick drum appuyés. A l’occasion de la sortie de son dernier EP house robotique, Polaroid  nous vous avions proposé une première du titre Bionic Dancers. Aux dernières nouvelles, Steve Murphy retourne aux sources en préparant un EP deep house sur Chiwax Records, affaire à suivre…!

Sommaire – Premières

O.XANDER – BOTTOMLESS ( GEOFRONT GLOBAL )
VARIOUS ARTISTSOLID EP ( MARGUERITE RECORDS )
STEVE MURPHY – MEMORY CENTER ( METAL POSITION RECORDS )
SOFATALK – MORE THAN MEMORY ( SERIE LIMITEE)
EDUARDO UNZ – THE SPELL ( BROKEN CALL RECORDS )
DRVG CVLTVRE – THE CRAZIES ARE COMING
PERSON OF INTEREST – EN ROUTE ( EXOTIC DANCE RECORDS )
AREA – WRONGHEADED ( SEQUENCIAS )
MIR – ZATELYTE ( BANLIEUE RECORDS )
SSIEGE – SHE’S A PARTY GIRL ( UN.T.O RECORDS)

Steve Murphy – Memory Center ( Metal Position Records ) ( Fr.)

Pour sa deuxième sortie, le label Metal Position Records tape dans les classiques. Steve Murphy, directeur du label, balance une bassline house classique – du moins c’est notre avis – avec son EP Polaroid. En effet, Steve Murphy nous a habitué aux sonorités 90’s à travers les EPS Relax (Lobster Theremin ), Climax (Hot Haus Recs) ou Purification (Wilson Records). Néanmoins, dans  » bionic dancer « , l’intensité se glisse peu à peu à travers des sonorités expérimentales.

Label : Metal Position Records

Tracklist :
A. Bionic dancer
B. The price to pay
C. Polaroid
D. Memory center

Date de sortie : 08/12/2017

VOISKI, « JE SUIS ATTACHÉ AUX MÉLODIES QUI S’ÉTENDENT SUR DES PETITES PLAGES »

Voiski est un musicien français. Luc – de son vrai prénom – commence à cultiver sa passion dès l’âge de 16 ans. Il sort son premier EP en 2009 (sur le label Groomrecords ), puis, en 2012, le premier EP Unforeseen Alliances 1/3 de la trilogie signée chez Construct Re-form. En 2013, il se lance chez L.I.E.S puis continue chez les respectés Dement3d et Dekmantel Ufo Series. Dans le cadre du Red Bull Music Academy Festival à Paris, Voiski présentera ce samedi son premier LP Disconnections, Music For Clouds, sorti sur son nouveau label : Super 95. Zoom sur un nouveau projet.

SALUT VOISKI. TU ES ACTUELLEMENT EN TOURNEE AUX US. COMMENT CELA SE PASSE ?
J’ai passé deux semaines aux Etats-Unis pour jouer à New York, Los Angeles, Seattle, et enfin à Philadelphie où j’ai joué dans une salle de bikram yoga alors qu’un cours venait d’avoir lieu. Il faisait extrêmement chaud, mais on retrouvait cette folie rave underground qui me manque un peu dans les festivals. J’aime beaucoup NYC, sa folie, son rythme, et je recommande à quiconque de s’arrêter à The Things, le disquaire tenu par Willie Burns qui regorge de trésors soul disco et pop des 80’s.

COMMENT SE SONT DEROULES TES PREMIERES SORTIES ?
Quand j’étudiais à l’école des Beaux Arts de Cergy, je fabriquais mes choses de mon côté et les publiais sur Myspace. Pour le disque Cc/cp (paru sur Groom Records), j’avais rencontré les gars sur Myspace. Ils m’avaient proposé de sortir un disque sur leur nouveau label. J’ai accepté avec grand plaisir. Pour Unforeseen Alliances (signé sur Construct Re-form ), j’ai rencontré Zadig chez le disquaire Syncrophone, je lui ai envoyé quelques morceaux dont la track « Ad-infinitum ». C’était le début d’une amitié et d’une série de trois disques, dont le prochain va bientôt voir le jour. Je peux clairement dire que « Ad-infinitum » a été le tournant de ma carrière. Je me rappelle en 2012, un ami m’a envoyé une vidéo de Derrick May dans un club au japon en train de jouer ce morceau. C’était un moment important pour moi, même si je n’étais pas présent.

TU AS COLLABORE AVEC LE LABEL L.I.ES. A TROIS REPRISES : IAI MOVEMENT EN 2013, CULTURE TO TRASH EN 2014, UNTITLED SUR RUSSIAN TORRENT EN 2016. AJOURD’HUI TU AS CREE TON LABEL SUPER 95. VAS-TU T’ELOIGNER DE CE STYLE INDUSTRIEL/NOISE ?
La première fois que j’ai entendu un disque du label L.I.E.S., c’était celui de Steeve Moore, joué par Marcel Dettmann. J’étais allé discrètement regarder le macaron du disque, et j’ai lu ces quatre mots magiques « LONG ISLAND ELECTRONIC SYSTEM ». Avec Ron, nous avions un ami en commun, de fil en aiguille, j’ai sorti trois EPs sur L.I.E.S. Chaque Label a sa patte, son (ses) son(s), son image, et je ne tiens pas du tout à m’éloigner d’un style. Je crois que la plupart des producteurs, des musiciens, des artistes en général n’ont pas une pratique uniforme, mais différentes sources d’inspirations, de facettes, et c’est en ça que c’est intéressant de travailler avec plusieurs labels, chacun permet de mettre en avant un style particulier.

Par rapport à mon nouveau label Super 95, c’est une structure que je garde pour une de mes facettes, des projets un peu atypiques, plus liés à une pratique artistique, qu’aucun label ne peut mettre en valeur car ce ne sont pas dans leur ligne éditoriale. Donc, oui, cela va différer par rapport à mes tracks techno habituels. Ce sont deux processus complètement différents. Ici, j’aimerais que Super 95 puisse offrir une liberté de création – au sens large du terme -aux artistes invités et à moi-même.

SOUS ENTENDS-TU QUE SUPER 95 EST UN LABEL PLURI-DISCIPLINAIRE ?
J’ai effectivement envie de pouvoir entremêler plusieurs arts entre eux quand cela a du sens. Mettre en lien la musique électronique avec des livres par exemple, ou de la photographie comme c’est le cas ici mais aussi l’art vidéo, ou le dessin. Je crois qu’il s’agit aussi de replacer ce type de musique dans l’histoire de l’art à laquelle elle est très attachée. Comme ligne directrice on parlera de collaborations, de dialogues entre les disciplines. Il s’agit de permettre à des artistes de créer d’autres formes de support à l’écoute et la réception de cette musique.

Moi-même, j’accorde beaucoup d’importance à la manière dont on transmet par des formes artistiques. J’ai passé cinq ans dans une école d’art où on se rend vite compte que tout a du sens. Ce n’est pas un hasard si je porte une attention particulière au choix des titres de mes morceaux. Parfois c’est un message, parfois un sentiment. Pour mon EP sur Dekmantel par exemple, I will Be Your Mapple Pecan Tonight, l’ensemble des titres du disque a été longuement réfléchi, pour que cela crée une petite histoire… Le titre est important car c’est un des moyens à travers lequel on peut saisir un morceau et sa poésie. « Ad infinitum », par exemple, est un morceau qui tend vers l’infini, avec une impression de montée perpétuelle. Il fallait un titre qui accompagne ce sentiment d’escalade. Il n’aurait pas eu le même impact, la même singularité s’il s’était appelé « Banana Split ».

PEUX-TU NOUS EN DIRE DAVANTAGE SUR TON PROCHAIN ALBLUM DISCONNECTIONS ?
C’est un LP de 10 tracks créés en avion et accompagnés d’un petit album photo. Quand on est en tournée, on passe beaucoup de temps dans les transports. Entre deux voitures, trains ou avions, il y a toujours beaucoup de moments d’attente. Je me retrouve donc souvent seul à déambuler dans les espaces car la vie de DJ ne s’arrête pas à la fin de la soirée. Je cherche à rendre visible cet état de vacuité en immortalisant le silence des entre-scènes, le vide, l’attente. Un côté dramatique exagéré ressort de quelques clichés pris avec mon vieux nikon fm2, mais la solitude ne me dérange pas en soi et j’aime la transformer, la faire passer du côté passif au côté actif. De cette manière-là elle apporte quelque chose de positif tout en partageant, de la façon la plus poétique possible, une réalité qui ne l’est pas toujours.

POURQUOI AS TU CHOISI CETTE PHOTO DE COUVERTURE ?
Cette photo est un carrefour important à Tokyo. Une ville que j’aime énormément. Elle était intéressante au niveau du cadrage, avec cette courbe et cette diagonale qui traverse l’image, cela donnait une dynamique visuelle, tout en dégageant un aspect un peu contemplatif et posé, avec cette lumière matinale et les gens qui marchent. C’était celle qui reflétait le mieux l’univers de l’album. C’était aussi celle qui se détachait le plus du lot, comme si sa place avait vraiment été pré-définie.

TU AS PRODUIS TOUTES TES TRACKS EN AVION, PEUX-TU EXPLIQUER CE PROCESSUS SINGULIER ?
Je m’assois dans l’avion je mets mon casque et je m’isole un peu du monde. Je ne vous cache pas que les moyens manquent, car je fais tout sur mon ordinateur et sachant que certains vols sont très courts, le challenge est de produire un maximum de choses en un minimum de temps. Sur cet album, ma production est entièrement numérique et j’ai eu la chance d’affiner mes morceaux au studio Red Bull à Paris. Finalement, je suis attaché aux mélodies qui s’étendent sur des petites plages. Il y a une harmonie qui peut se dessiner, ce qui n’est pas toujours le cas quand je suis en studio avec mes machines. Comme je fais essentiellement du live, je débranche et rebranche mes machines au fil des week-ends, mais ce ne sont jamais exactement les mêmes donc jamais un résultat déjà connu. J’aime travailler de cette manière-là, mais par la contrainte de la production en avion, j’ai trouvé une cohérence stylistique qui me manquait pour produire un LP.

TU VAS TE PRODUIRE EN LIVE AU RED BULL MUSIC ACADEMY SAMEDI. AS-TU PREVU UNE INSTALLATION PARTICULIERE ?
C’est une installation qui présente les différents aspects de cet album. On y retrouvera quelques morceaux du disque dans des versions étirées et spacialisées sur 24 hauts parleurs ainsi qu’une projection de diapositives et une vidéo. On y croisera aussi l’attente et l’incompréhension propre à mon expérience des terminaux aéroportuaires. Et puis de la couleur, beaucoup de couleur !

UN DERNIER MOT ?

L’émotion dans la musique, « more light » .